CONCILIER SCIENCE, PHILOSOPHIE, RELIGION ET INITIATION
Publié leJe me définis comme un handicapé, c’est-à-dire quelqu’un qui a le plus grand mal à maîtriser sa vie, c’est à dire concilier sa pensée ou son idéal avec ses paroles, ses gestes et ses actes. A presque 60 ans, après de nombreux séjours et voyages dans 35 pays, je n’ai rencontré dans ma vie que des handicapés. Jamais je n’ai pu croiser une seule personne valide, c’est-à-dire parfaitement équilibrée, juste, sereine, heureuse, accomplie, même si une petite poignée s’en rapproche. Je suis maintenant convaincu que nous sommes tous des handicapés, et que le but de notre vie est de combler cette inadéquation fondamentale entre l’esprit et le corps, entre le mental et le physique, entre l’abstrait et le concret, entre la pensée et la réalité. Paradoxalement, c’est au contact d’amis porteurs des plus graves incapacités et insuffisances organiques, motrices, intellectuelles ou sensorielles que j’ai le plus appris. La véritable lumière n’est visible qu’à ceux évoluant dans l’obscurité. L’inaccessible n’est accessible qu’à ceux faisant l’expérience de l’inaccessibilité. La parole juste se manifeste à ceux condamnés au silence. L’intelligence est perceptible par ceux qui en semblent privés. Toute trace de souffrance est un chemin de connaissance. C’est par nos traumatismes, nos échecs, nos erreurs, nos fautes, nos fausses croyances, nos préjugés ou nos imperfections que surgit l’étincelle. Comme si pour se connaître et connaître il fallait dépasser, à un moment ou un autre, les contingences matérielles et les aspects physiques de l’existence. La souffrance, l’absence, le lâcher-prise, la maladie, la blessure, la solitude, l’exclusion, ne sont pas obligatoires pour comprendre le monde, mais elles représentent un accès éblouissant à la Connaissance, comme le rappellent les textes sacrés ou la sagesse grecque : « Pour voir il faut devenir aveugle. »


Constatons que les Grands Ecrits philosophiques, religieux, initiatiques et scientifiques sont tous fondés sur cette énorme difficulté à synthétiser vision mentale et vision physique, à accorder nos sens avec le sens fondamental et global des choses. Tout est une question de lumière, que nous croyons connaître, mais en réalité nous sommes aveuglés par ses multiples reflets, qui nous empêchent de voir qu’elle naît dans notre esprit. En physique, la Relativité Générale nous semble incompatible avec la Mécanique Quantique, car la première est un point de vue mental alors que la seconde est un point de vue physique. Elles sont en réalité les deux facettes d’une seule et même Force Primordiale à l’origine de l’Univers, soit l’inversion par effet photoélectrique d’une particule mentale en particule physique, d’un antineutrino en neutrino.

A ce propos, j'énonce dans mon livre "Kosmos un point c'est tout", avec toutes les réserves d’usage, ma théorie complète de la Force Primordiale, qui est un approfondissement du modèle standard de la physique des particules, reliant autant que faire se peut les cosmologies scientifiques et religieuses. Le Big Bang n’a jamais été le commencement de l’Univers mais simplement une étape ultérieure. L’instant entre le Big Bang et le temps zéro, même s’il est incroyablement court, s’explique dans cet ouvrage d’une façon parfaitement rationnelle. C’est encore et toujours l’Alphabet de Base qui permet humblement de résoudre cette énigme. Avant l’inflation ou l’expansion, il y a nécessairement genèse, c’est-à-dire processus élémentaire et général de création, qui est fondamentalement le même pour tout, notamment pour l’Univers, la Vie et l’Homme : l’onde mentale s’inverse en onde radio puis micro-onde, rayon infrarouge, rayon rouge, rayon ultraviolet, rayon X et enfin rayon gamma, engendrant tout, c’est-à-dire la naissance, l’inflation, l’expansion, le développement, mais aussi la fin, la mort et le recommencement.

La division et multiplication cellulaires suit très exactement le même schéma que la division et multiplication particulaires. Tout développement, toute expansion commence paradoxalement par un rétrécissement, celui de la longueur d’une onde mentale en onde électromagnétique, dont l’énergie et la fréquence progressent justement en raison et en proportion de ce rétrécissement. Matérialisation signifie donc toujours réduction ou limitation de l’esprit. La base ésotérienne du mot « genèse » est GENE, soit l’énergie(G) de la transformation de l’antineutrino(EN) en neutrino(NE), autrement dit l’inversion de la particule mentale en particule physique. Il y a bien au commencement un point d’inversion de la pensée qui crée la réalité. Ce point, c’est tout ! Le religieux le nomme « saint-esprit ». Le physicien l’appelle « trou noir ». Le philosophe évoque le « mystère » ou la « vérité ». L’initié parle simplement de « lumière ». En fait les quatre ont raison et encore plus raison lorsqu’ils se rencontrent pour partager leurs observations, leurs théories, leurs doutes et leurs croyances. Ce n’est que par la méditation, le dialogue apaisé, le partage de leurs informations, la recherche d’un équilibre entre leurs points de vue, qu’ils réussiront à éclairer le chemin de l’Humanité. C’est une affaire de discernement et de sagesse. Un point de vue est toujours un point de départ, jamais un point de conclusion définitif. Nous sommes tous à la fois un peu chercheur, croyant, philosophe et initié. L’expérimentation scientifique, la démonstration philosophique, l’expérience initiatique, la foi religieuse et le cheminement spirituel sont profondément complémentaires, et consubstantiels de la Connaissance. Chacun d’entre nous devrait explorer ces voies parallèlement en cherchant constamment la convergence. L’une sans les autres ne mène pas bien loin. Aucune ne doit dominer. L’une ne doit jamais aller sans l’autre. C’est de leur entente que dépendent les réponses durables aux problèmes de notre temps. Appelons partout au dialogue transdisciplinaire, interculturel et interreligieux. Recherchons obstinément des points de concordance. Concilions nos différences. Mutualisons nos idées et nos énergies. Vous avez dit utopie ? Exactement. « C’est dans les utopies d’aujourd’hui que sont les solutions de demain » (Pierre Rabhi).