LA SCIENCE ACTUELLE N’EST PAS LA VRAIE SCIENCE !
Publié leAussi bizarre que cela puisse paraître, la science n’est rien sans méditation ni contemplation. L’écriture mathématique, qui semble être la base de notre civilisation dite numérique et technologique, est une réduction phénoménale de la pensée, se limitant souvent à une vision purement matérielle, temporaire et limitée des choses, des objets et des êtres. Elle fait partie du langage mais ne doit jamais dépasser sa fonction, ce qu’elle a fait depuis longtemps, entraînant l’Humanité dans une impasse, pour ne pas dire une catastrophe fatale. Comme le disait Romain Gary et le pensait Albert Einstein, « la technologie est le trou du cul de la science », alors même que tout le monde aujourd’hui, moi compris, en est devenu complètement dépendant. Elle est directement à l’origine des « emmerdements » de l’Humanité, du réchauffement climatique comme de la disparition des espèces et des ressources naturelles. L’algorithme est un outil surexploité qui devrait rester marginal, car son abus conduit à l’abâtardissement. L’efficacité et la prévisibilité sont des valeurs secondaires et négligeables. La vraie puissance de l’Homme se trouve dans son imagination et sa volonté individuelles puis collectives, par nature imprévisibles et toutes-puissantes. Le but n’est pas d’être efficace et prévisible, mais au contraire d’évoluer intérieurement, de progresser spirituellement, c’est à dire devenir plus libre, plus indépendant de ses pulsions et désirs matériels. Rien ne reste fixe et « inchangeant » dans la vie, tout est transformation et en premier l’être humain. Vouloir reproduire sans cesse les mêmes plaisirs, satisfactions, réponses, remèdes, solutions est un cercle vicieux menant nulle part. Le véritable bien-être est à l’inverse dans la recherche en soi-même de l’inattendu, de l’inespéré, de l’inconnu, de l’inouï, de l’exceptionnel, de l’extraordinaire, de l’inaccessible, du beau, du vrai, du bon, du bien, autrement dit du bonheur. C’est toujours croire dans un rêve ou une utopie, et s’obstiner à les réaliser, dans une quête de pureté absolue.

Comment l’Homme a-t-il pu dévier à ce point de sa nature profonde, qui est avant tout spirituelle, c’est-à-dire fondée sur ses capacités naturelles d’observation, d’attention, de concentration, de réflexion, de méditation, d’intuition, de justesse et de contrôle ? La technique, l’outil et l’instrument sont bien sûr nécessaires et utiles, mais doivent toujours être secondaires, accessoires, subalternes, subordonnés et inférieurs, comme le sont toutes les manifestations physiques par rapport à la pensée pure qui les fait naître. Le seul mouvement sensé pour l’être humain est au contraire l’élévation intérieure, sa remontée vers le mental intégral, pur et parfait, au travers d’un autre trou noir beaucoup plus puissant qu’est son esprit, c’est-à-dire son intelligence et sa volonté, aux pouvoirs mille milliards de milliards de milliards de fois plus forts, justes et vrais que n’importe quelle technologie ou réseau internet. Développons la puissance de notre esprit !

L’innovation technique des chercheurs actuels ne peut en aucun cas rétablir d’elle-même l’équilibre détruit par celle de leurs prédécesseurs, car sa logique intrinsèque est toujours la même ; dominer et réduire le mental. Le progrès technique n’est utile que lorsqu’il est commandé par une vraie volonté de progrès intellectuel. Contrairement à une idée reçue, le progrès technique en lui-même n’est nullement la preuve ou l’illustration d’un progrès de la pensée, c’est même le contraire dans 50 % des cas, car il est principalement motivé par l’appât du gain, par l’enrichissement financier égoïste ou par la soif de domination. C’est la volonté de s’améliorer intellectuellement qui doit induire le progrès technique et jamais l’inverse. Il faut donc que le peu d’intelligence restant dans nos sociétés se mobilise, pour que leurs membres retrouvent le vrai principe du bonheur, à savoir se contenter de très peu matériellement, c’est-à-dire beaucoup moins qu’aujourd’hui, afin d’accéder à immensément plus moralement, avec tous les autres ensemble. C’est curieusement en étant plus sobre, modéré, désintéressé, altruiste, partageux, fraternel, ouvert aux autres, que l’on augmente profondément et durablement sa satisfaction personnelle. Il n’y a d’espoir que dans la décroissance matérielle raisonnée qui signifie augmentation, accroissement, accélération et intensification du mental, de l’esprit et du moral. C’est uniquement dans ce cas que le progrès technique est utile et que le développement personnel a du sens.

Chacun d’entre nous est appelé à méditer, un peu tous les jours, c’est notre nature et notre destinée profondes. La méditation permet justement de retrouver l’équilibre élémentaire perdu : « Celui qui ne sait pas se contenter de peu ne sera jamais content de rien » (Épicure). Ce passage sans danger du Physique au Mental et inversement, accessible à tout être humain, ne produit pas à la base de miracle, ni l’illumination ou la béatitude, mais permet simplement d’approfondir sa connaissance de soi et de l’Univers, en harmonisant vision purement mentale et perception physique : « Le contentement apporte le bonheur même dans la pauvreté. Le mécontentement apporte la pauvreté même dans la richesse » (Confucius). Comment a-t-on pu oublier cette sagesse élémentaire dont Épictète nous parle aussi depuis 2000 ans : « Le bonheur ne consiste pas à acquérir et à jouir, mais à ne rien désirer. Il consiste à être libre. » Sénèque, à son tour, nous le répète sans cesse : « L’homme pauvre, ce n’est pas celui qui n’a rien, c’est celui qui envie. » Il ne s’agit pas de respecter ces mots à la lettre mais seulement de s’en inspirer le plus souvent possible. Réécoutons encore et toujours Yves Paccalet : « Le bonheur est dans le peu. » La croissance est absurde si elle n’est pas d’abord intérieure. De plus, l’augmentation du PNB d’un pays génère de moins en moins le bien-être de ses habitants. C’est même souvent l’inverse car la richesse supplémentaire produite profite principalement et égoïstement à quelques actionnaires surpuissants. La course au profit accentue les inégalités, l’individualisme et le mal-être général. Au lieu d’attendre que la disparition des ressources naturelles et l’inconséquence de la technologie nous obligent à perdre notre humanité, commençons dès maintenant à en reprendre le contrôle, en supprimant progressivement de notre vie tout ce dont nous n’avons pas besoin, c’est-à-dire la majorité des biens et services modernes. Recentrons-nous sur ce que nous avons vraiment besoin, au plus profond de notre personne, et nous déjouerons alors le cataclysme écologique engagé.

Les mots « science » et « scientifique » sont aujourd’hui galvaudés. La grande majorité des chercheurs se considérant officiellement comme scientifiques, dans des centres ou laboratoires reconnus, le sont-ils vraiment ? N’y a-t-il pas un abus de langage ? Ce qui d’après eux leur donne droit à ce titre, c’est le fait de se consacrer à l’étude d’une science ou de plusieurs sciences avec soi-disant rigueur et des méthodes dites « scientifiques », c’est à dire basées sur des observations, des expérimentations, des raisonnements, des calculs théoriques, des preuves répétées et confirmées par d’autres scientifiques comme eux. Cela suffit à leurs yeux pour être des hommes ou femmes de science. Où sont les autres qualités indispensables sans lesquelles le titre de scientifique n’a aucun fondement : tempérance, sobriété, sagesse, réserve, modération, force morale, mesure, prévoyance, précaution, prudence, équilibre, éveil spirituel, humanité, humilité, justice, éthique, fraternité, compassion, respect et préservation de la Vie et de la Nature ? Comment comprendre que la science dite « moderne » a pu déclencher, autoriser, favoriser ou permettre des milliers d’applications techniques et technologiques globalement négatives, à l’opposé du vrai progrès humain, sinon par le fait qu’elle n’est pas la vraie science ? Où sont la rigueur et les preuves de raisonnement intelligent de la science actuelle, première responsable de l’état catastrophique de notre planète et de tous les êtres vivants ?

Savoir, connaître, observer, raisonner, c’est d’abord se taire, méditer longuement, être très patient, faire très attention à ce qu’on va dire ou conclure, non pas par peur d’un manque de rigueur, mais par le souci élémentaire d’entraîner un vrai progrès humain durable, et pas seulement un progrès technique qui en est la négation dans 50 % des cas. Les soi-disant progrès de la médecine ne sont-ils pas au contraire une régression incroyable de nos pouvoirs innés ou infus de prévention et d’auto-guérison ? Ne confondons pas l’espérance de vie avec l’espérance dans la Vie. « La force qui est en chacun de nous est notre plus grand médecin » (Hippocrate). Vivre plus longtemps n’a jamais voulu dire vivre mieux ou plus intelligemment. La fin de vie, la souffrance, la maladie ou la blessure est-elle seulement un problème technique à régler par une technologie ou un médicament ? Ne serait-elle pas d’abord une épreuve à surmonter, une voie d’enrichissement et d’amélioration intérieurs, un chemin vers la Vérité ?
